côtes tricot

Côtes tricot : 1/1, 2/2, anglaises, comment les réussir

Côtes 1/1, 2/2, anglaises, torses ou perlées : comment les tricoter, quelles aiguilles et quelle laine choisir, et comment garder des bords souples et élastiques.

côtes tricot
Photo Rebecca Grant – Unsplash

Bord d’un pull, poignets, col roulé, bonnet qui tient sur les oreilles : les côtes tricot sont partout dès que la maille doit serrer sans comprimer. Ce point tout simple, qui alterne des mailles endroit et des mailles envers en colonnes, donne au tricot une élasticité qu’aucun autre point de base ne possède. C’est aussi lui qui trahit le plus vite un ouvrage bâclé : des côtes molles, irrégulières ou qui s’évasent au premier lavage gâchent un pull pourtant parfait ailleurs.

En cet automne 2026, avec le retour des gros pulls côtelés, des cols amples et des bonnets à revers, c’est le moment idéal pour maîtriser toutes les variantes : côtes 1/1, côtes 2/2, côtes anglaises, côtes torses et côtes perlées. Ce guide vous explique comment les tricoter, comment choisir aiguilles et laine, comment monter et rabattre pour garder un bord souple, et comment corriger les défauts les plus fréquents.

Qu’est-ce que les côtes en tricot ?

Les côtes sont un point qui superpose, rang après rang, des colonnes de mailles endroit et des colonnes de mailles envers. Sur l’endroit de l’ouvrage, les mailles endroit forment des petits V en relief, tandis que les mailles envers ressemblent à de petites perles qui se creusent. Le tissu se resserre naturellement, comme un accordéon, et reprend sa forme quand on l’étire.

La règle d’or tient en une phrase : on tricote les mailles comme elles se présentent. Une maille qui apparaît endroit (un V) se tricote à l’endroit ; une maille qui apparaît envers (une bosse) se tricote à l’envers. Une fois ce réflexe acquis, vous n’avez plus besoin de compter sur le rang retour.

Si vous débutez, commencez par le point mousse puis le point de jersey : les côtes ne sont rien d’autre qu’un mélange réfléchi des deux mailles que ces points vous apprennent.

À quoi servent les côtes ?

Leur rôle principal est fonctionnel : tenir un bord près du corps. On les retrouve donc :

  • au bas des pulls, gilets et cardigans ;
  • aux poignets, pour que la manche ne glisse pas sur la main ;
  • aux encolures et aux cols roulés ;
  • sur les bonnets, les mitaines et les chaussettes ;
  • sur toute la surface d’un vêtement, pour un pull côtelé près du corps ou une écharpe réversible.

Autre avantage, souvent oublié : les côtes ne roulottent pas. Là où un bord en jersey s’enroule sur lui-même, un bord côtelé reste à plat. C’est pourquoi on démarre presque toujours un ouvrage en jersey par quelques centimètres de côtes.

Les côtes 1/1 : la base

Les côtes 1/1 alternent une maille endroit et une maille envers. Ce sont les plus fines et les plus serrées, idéales pour les poignets, les cols et les vêtements de bébé.

Comment tricoter des côtes 1/1

  1. Montez un nombre pair de mailles (par exemple 40).
  2. Rang 1 : *1 maille endroit, 1 maille envers*, répétez jusqu’au bout du rang.
  3. Rang 2 : tricotez les mailles comme elles se présentent, soit à nouveau *1 endroit, 1 envers*.
  4. Répétez le rang 2 jusqu’à la hauteur voulue.

Avec un nombre impair de mailles, chaque rang commence et finit par une maille endroit sur l’endroit du travail ; le rang retour commence donc par une maille envers. Les deux montages fonctionnent, l’important est de rester cohérent.

Le geste à ne pas oublier

Entre une maille endroit et une maille envers, le fil doit passer de l’arrière à l’avant de l’ouvrage, entre les deux aiguilles, et inversement. Si vous le faites passer par-dessus l’aiguille, vous créez un jeté involontaire : une maille en trop apparaît au rang suivant et un petit trou se forme. C’est l’erreur numéro un des débutants.

Les côtes 2/2 : le classique des pulls

Les côtes 2/2 alternent deux mailles endroit et deux mailles envers. Elles sont plus visibles, un peu plus souples que les 1/1, et donnent ce relief typique des pulls marins et des bonnets à revers.

  1. Montez un multiple de 4 mailles, plus 2 si vous voulez un bord symétrique à plat (par exemple 42).
  2. Rang 1 : *2 mailles endroit, 2 mailles envers*, terminez par 2 mailles endroit.
  3. Rang 2 : *2 mailles envers, 2 mailles endroit*, terminez par 2 mailles envers.
  4. Répétez ces deux rangs.

En rond, sur aiguilles circulaires ou double pointe, un simple multiple de 4 suffit, et tous les tours se tricotent *2 endroit, 2 envers*. On trouve aussi des côtes 3/3, 2/1 ou 4/2 : le principe ne change pas, seule la largeur des colonnes varie.

Les côtes anglaises : épaisses et moelleuses

Les côtes anglaises (les « fisherman’s rib » des tricoteuses anglo-saxonnes) donnent un tissu épais, aéré et très moelleux, parfait pour les écharpes, les cols et les bonnets d’hiver. Elles consomment en revanche nettement plus de laine que des côtes ordinaires. Attention, leur nom n’est pas standardisé : selon les livres, on parle aussi de point de brioche ou de côtes perlées pour des techniques proches.

Méthode avec jetés (la plus courante)

  1. Montez un nombre pair de mailles et tricotez un rang envers.
  2. Rang 1 : *1 maille endroit, 1 jeté, glissez la maille suivante à l’envers sans la tricoter*, répétez.
  3. Rang 2 : *1 jeté, glissez la maille suivante à l’envers, tricotez ensemble à l’endroit la maille glissée du rang précédent et son jeté*, répétez.
  4. Répétez le rang 2.

Méthode en piquant dans la maille du dessous

Variante plus intuitive pour beaucoup : on tricote en côtes 1/1, mais une maille sur deux (côté endroit) se tricote en piquant l’aiguille dans la maille du rang inférieur au lieu de la maille sur l’aiguille. Le résultat est très proche, sans jeté à gérer. Testez les deux sur un échantillon et gardez celle qui vous paraît la plus régulière.

Côtes torses et côtes perlées : deux variantes à connaître

Les côtes torses se tricotent comme des côtes 1/1, mais les mailles endroit sont piquées dans le brin arrière. Chaque maille se vrille légèrement : les colonnes deviennent plus nettes, plus dessinées, et le bord gagne en tenue. C’est la solution idéale pour des poignets qui ne se détendent pas, ou pour une laine un peu molle.

Les côtes perlées désignent, dans de nombreux modèles, une côte où les colonnes envers sont remplacées par un petit grain : par exemple, sur l’endroit *2 mailles endroit, 1 maille envers*, puis tout à l’endroit sur le rang retour. Le rendu est texturé, moins élastique. Comme les noms varient d’un éditeur à l’autre, fiez-vous toujours à la légende du patron plutôt qu’au nom du point.

Pour aller plus loin dans les textures, les côtes se combinent très bien avec le point de torsade : de nombreux pulls irlandais alternent torsades et côtes torses. Les amateurs de grain apprécieront aussi le point de riz et le point de blé.

Quelles aiguilles et quelle laine pour des côtes réussies ?

Les côtes se tricotent en général avec des aiguilles 0,5 à 1 mm plus fines que celles utilisées pour le corps de l’ouvrage. Si votre pull est tricoté en 4,5 mm, prévoyez du 3,5 ou du 4 mm pour les bords : la maille plus serrée renforce l’élasticité et le maintien.

Le choix de la fibre compte autant que celui des aiguilles. La laine, grâce au gaufrage naturel de ses fibres, possède une mémoire élastique : des côtes en laine reviennent en place après avoir été étirées. Le coton, le lin, la soie ou les laines traitées superwash sont plus lisses et plus lourds ; leurs côtes ont tendance à s’allonger et à rester détendues. Avec ces fibres, privilégiez les côtes torses, des aiguilles encore plus fines, ou un fil élastique discret glissé avec la laine sur les premiers rangs.

Monter et rabattre en côtes sans perdre l’élasticité

Un beau bord côtelé peut être ruiné par un montage trop serré ou un rabattage rigide. Quelques réflexes changent tout :

  • Au montage : le montage à l’italienne (ou montage tubulaire) est spécialement conçu pour les côtes 1/1. Il donne un bord arrondi, invisible et très élastique. À défaut, le montage classique « à l’anglaise » convient, à condition de monter sur une aiguille plus grosse.
  • Au rabattage : rabattez toujours en suivant les côtes (une maille endroit rabattue à l’endroit, une maille envers rabattue à l’envers), en utilisant une aiguille d’une ou deux tailles au-dessus dans la main droite.
  • Pour une encolure : testez le passage de la tête avant de rentrer les fils. Si le bord serre trop, défaites le rabattage et recommencez plus souplement.

Quelle hauteur de côtes prévoir ?

Tout dépend du vêtement et du style recherché. Voici les repères les plus courants :

  • bas de pull ou de gilet : 4 à 7 cm, jusqu’à 10 cm pour un pull court qui blouse ;
  • poignets : 3 à 6 cm, plus longs si vous aimez les replier ;
  • encolure ras du cou : 2 à 3 cm ; col roulé : 15 à 25 cm, plié en deux ;
  • bonnet à revers : 8 à 12 cm, la moitié étant repliée ;
  • chaussettes : 2 à 5 cm à la tige.

Mesurez toujours les côtes au repos, sans les étirer, et tricotez un échantillon dans la laine choisie : la hauteur d’un rang varie beaucoup d’une fibre à l’autre.

Les défauts fréquents et comment les corriger

Les mailles envers sont plus lâches que les mailles endroit

Beaucoup de tricoteuses serrent moins leurs mailles envers : la côte paraît irrégulière, avec des colonnes endroit qui s’écartent. Pour compenser, tirez légèrement le fil après chaque maille envers, ou tricotez les mailles endroit dans le brin arrière (côtes torses), ce qui gomme la différence.

Une colonne s’est décalée

Si une maille endroit apparaît au milieu d’une colonne envers, inutile de tout défaire : laissez filer la maille jusqu’à l’erreur, puis remontez-la avec un crochet en la reprenant dans le bon sens. C’est la même technique que pour repriser un pull abîmé.

Les côtes sont détendues après lavage

Une côte en laine qui s’est relâchée se resserre souvent après un bain tiède et un séchage à plat, en repoussant doucement les côtes l’une vers l’autre. Évitez de bloquer les côtes en les étirant ou en les épinglant : vaporisez-les légèrement et laissez-les sécher au repos.

Entretenir un tricot côtelé

Les côtes sont la partie la plus sollicitée d’un pull : on tire sur les poignets, on étire le col. Pour qu’elles gardent leur ressort, suivez les mêmes règles que pour laver un pull en laine : eau tiède, lessive douce, pas de frottement, essorage dans une serviette et séchage à plat, jamais sur un cintre. Rangez vos pulls pliés : suspendus, ils s’allongent et les côtes se détendent. Et si de petites boules apparaissent aux poignets, quelques passages de peigne suffisent à enlever les bouloches.

Des côtes tricotées aux bords-côtes achetés au mètre

Le principe des côtes ne se limite pas aux aiguilles. En couture, on achète du bord-côte au mètre ou en bande tubulaire : c’est une maille côtelée tricotée industriellement, qui sert à finir les poignets, la taille et l’encolure des sweats, des bombers et des vêtements d’enfant. Le velours côtelé, lui, emprunte seulement l’aspect visuel des côtes : il s’agit d’un tissu tissé, sans l’élasticité de la maille.

Savoir reconnaître une vraie côte, c’est aussi savoir juger un vêtement en boutique : un bord-côte dense, qui reprend sa forme quand on le relâche, est un bon signe de qualité. Un poignet mou, qui reste étiré, annonce un pull qui vieillira mal. C’est un réflexe précieux, en friperie comme en magasin.

FAQ sur les côtes tricot

Quelle est la différence entre côtes 1/1 et côtes 2/2 ?

Les côtes 1/1 alternent une maille endroit et une maille envers : elles sont fines, serrées et très élastiques. Les côtes 2/2 alternent deux mailles de chaque : elles sont plus marquées visuellement et un peu plus souples.

Combien de mailles monter pour des côtes 2/2 ?

Un multiple de 4 en rond, et un multiple de 4 plus 2 à plat si vous voulez que l’ouvrage commence et finisse par la même colonne, ce qui facilite les coutures.

Pourquoi mes côtes ne sont-elles pas élastiques ?

Le plus souvent, les aiguilles sont trop grosses ou la fibre est peu élastique (coton, superwash, lin). Descendez d’une ou deux tailles d’aiguilles, essayez les côtes torses ou choisissez une laine non traitée.

Les côtes anglaises consomment-elles plus de laine ?

Oui, nettement : comptez souvent une fois et demie à deux fois plus de fil que pour des côtes classiques de même surface. Prévoyez une ou deux pelotes supplémentaires, du même bain de teinture.

Peut-on tricoter un pull entier en côtes ?

Bien sûr. Un pull tout en côtes épouse le corps et convient parfaitement aux silhouettes près du corps. Pensez simplement que le tissu se resserre : il faut monter plus de mailles qu’en jersey pour la même largeur, d’où l’importance de l’échantillon.

Comment rabattre des côtes souplement ?

Rabattez en suivant les côtes, avec une aiguille plus grosse dans la main droite. Pour un bord parfaitement élastique en côtes 1/1, la finition tubulaire à l’aiguille à laine est la plus belle, mais elle demande un peu de patience.

Comment savoir si une maille se tricote à l’endroit ou à l’envers ?

Regardez la maille sous l’aiguille : un V lisse se tricote à l’endroit, une petite bosse horizontale se tricote à l’envers. C’est le principe « tricoter les mailles comme elles se présentent ».

Les côtes conviennent-elles aux débutants ?

Oui. Les côtes 1/1 et 2/2 sont même un excellent deuxième point après le point mousse : un bonnet ou une écharpe en côtes est un premier projet idéal pour cet automne.

Bon à savoir : tricotez vos bords dans des pelotes du même bain de teinture que le reste de l’ouvrage, car les écarts de couleur se voient surtout sur les côtes. Rangez aiguilles et ciseaux hors de portée des jeunes enfants. Enfin, à la reprise de la saison, alternez les séances et faites des pauses : les côtes sollicitent beaucoup poignets et doigts, et une douleur persistante du poignet ou du coude mérite l’avis d’un professionnel de santé.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *